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la honte ? non, simple distraction …

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Et voilà, les distractions s’ajoutent, s’enchevêtrent, mais il n’y a pas de mal, allez. Cipetto bello, à qui le raconter sinon à toi ! Ces jours-ci une invitation, par mail ou SMS, pour l’anniversaire de S, très bien, invitation à dîner, repas très simple, parfait. Et voilà que, n’ayant pas noté, par écrit, mais dans un coin de ma tête, je transforme ce dîner en déjeuner et je me pointe un peu après 13 h, en tenant bien compte boulot, courses etc. Surprise, mais c’était pour ce soir, qu’à cela ne tienne, on rajoute un couvert. Et tout se passe très bien. Sauf que, pour moi, midi et soir c’est beaucoup. On verra.

Une autre ? bien sûr, je dois quelques petits sous à D, courses, un cadeau en commun, deux achats, combiner, petite arithmétique à la portée d’un enfant de sept ans ou plus jeune. Et moi je mélange les deux sortes de comptes, confondant ma cassette et – en quoi je suis des exemples venant de haut ! – et le tronc commun. Au total, seulement quelques petits centimes d’erreur, mais sur la marche des opérations !

Et d’autres et d’autres … Mais quand on a été l’inventeur de la glace au merlan, ce ne sont que vétilles !

Baci, bellosorbetsorbet_merlan

les images sont empruntées à Wikipedia, merci

rien ne se perd ! Jacob Jacobson …

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    Une bonne surprise hier soir, ce mail d’Ytshok ! entrée en scène de Jacob Jacobson, ou Jakob Jakobson, ou encore Dzheykob Dzheykobson … en translittérant son nom dit en yiddish. Qui est ce Jakob Jakobson ? un millionnaire et même un milliardaire américain. Cigare au bec, jeune épouse élégante et frivole, volage et tout, jolie, coquette, Lucy, un vrai cliché, on la verrait bien au cinéma chez Lubitsch. Pour Jacob le millionnaire au cigare on a sans peine des types tout adaptés, « crachés ». Sauf que …

    Mais d’abord, il s’agit d’une pièce de théâtre, d’Aaron Zeitlin, un grand écrivain connu mais pas du grand public. Zeitlin, qui s’est trouvé bloqué aux Etats-Unis au moment où la Pologne était envahie (septembre 39), et qui a donc échappé au sort …

    A citer son nom, Arn Zeitlin, (la prononciation yiddish est Arn, le o disparaît pour une sorte d’e muet, un e atonique) j’entends la voix d’Ytshok … qui capte l’attention … tout ce qu’il a à dire, un artiste et un travailleur un chercheur infatigable, ou qui ignore sa fatigue, toujours vérifiant, toujours précisant … Lui et Maurice (Regnier), je les trouve aussi extraordinaires, allez pas d’autre mot, une admiration un amour des autres et de l’histoire et des personnes ou des actes enfouis derrière des rideaux d’ignorance, suscitant, revivifiant, rappelant tout de qui a droit à notre intérêt, éveilleurs, éveilleurs de foi … quelle chance de rencontrer des hommes tels que ces deux-là, sur les doigts d’une seule main et l’humour à la boutonnière …

    Mais revenons à Jacob Jacobson, la pièce existe en vf, à l’Arche un volume Théâtre yiddish II), traduite par Jacques Mandelbaum. Je vais essayer de la résumer.

    Pourquoi cet homme riche n’est-il pas sur le pont supérieur de ce grand transatlantique ? que fait-il à scruter l’horizon alors que tout le monde danse, en haut, se plaint ou fait du troc, ponts inférieurs ou encore tient des discours anarchistes, communistes ? Il parle avec … quelqu’un d’invisible, il est dérangé, Jacob et Lucy le lui a bien fait savoir.

    —-
    jeudi 14 juillet 2011 … je le publie tel quel, « en l’état », et le complèterai peut-être un jour, « une fois ».

Sacha, Alexandra Alexandrovna, Youlivanna _1

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  • Sacha, l’un des deux fils d’AA, Alexandra Alexandrovna, l’autre, André, je ne l’ai jamais vu. Sacha, l’un des « hommes de ma vie », avec ou sans ces guillemets ? on verra …
  • Notre chère AA, ayant quelques français de plus à promener dans Moscou, à inviter chez elle, à gâter, chouchouter pâtisseries napperons l’hospitalité russe, la légendaire, surtout ne pas faillir, qu’est-ce qu’elle était belle, son sourire, les yeux la douceur les mille questions sur la France, son rêve de toujours …

  • Un dimanche matin donc elle nous propose un musée ou une église (je ne sais plus lequel laquelle elles étaient rares d’ailleurs avant la perestroïka) et elle a amené son Sacha, curieux aussi mais astreint à ne pas rencontrer d’étrangers, il bosse pour « le complexe militaro-industriel ». Et on parle, on tchatche, on se regarde et … et le regard de Sacha croise le mien et il passe là comment dire je ne dirai donc pas … c’est le début d’une histoire qui vivra par correspondance, avec la restriction à observer, il ne doit pas avoir de relations avec le monde extérieur, toutes mes lettres seront donc adressées à sa mère qui les lui passera, regard bienveillant, elle recevra et les lettres que je lui écris à elle, et celles que je destine à Sacha, parfois plus d’une par jour … me demandera aussi des fois de limiter, crainte d’être trop repérée, en fait elle l’est déjà.
    Et après la visite tous chez elle, chez eux à Davydkovo « en banlieue », là où elle n’aime pas habiter loin de tout !
    Et on raconte, et un soir c’est Sacha qui raconte, lui qui a plutôt une réputation de taiseux … le voilà en Sibérie, il est arpenteur, il parle des baraques, des petites maisons un abri minimum pour la nuit, où on trouve toujours bougies et allumettes, un minimum de matériel pour se faire du thé et manger du saucisson sec, et où on prend bien soin de laisser l’équivalent pour le prochain voyageur … il raconte et c’est comme si on voyait tout ça de nos propores yeux … éblouis nous sommes tous … Et для теья я все рассказал … je fonds si c’était encore possible, ou plutôt je brûle, bon « c’est pour toi que j’ai raconté tout ça » – comment dire ce bonheur d’être distinguée choisie pour entendre ces belles paroles ?? dire que c’était il y a si longtemps et qu’à l’instant me reviennent les images de Davydkovo, de la pièce à vivre chez Alexandra Alexandrovna, du métro, la voix de Sacha, la déception l’été suivant en arrivant, je m’étais imaginé qu’il serait à l’aéroport … il était parti la veille, vacances en famille en Crimée ! quelle douche … l’alternance moments de ferveur, temps de froideur, pas si facile à vivre.
  • Il m’a donné cette photo d’un ours, qu’il gardait précieusement … je l’ai toujours, Sacha n’est plus, AA depuis longtemps …

    un ours de Sibérie
    au coeur d'un conte pas d'une histoire
  • J’ai annoncé Youlivanna en titre de ce billet, ce sera pour la prochaine fois, Youlia Ivanovna, intrépide, tendre … adieu
  • les clubs -1

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    1953, 58 ans
    et un petit travail pour le cadre, où se répète la photo

    Deux principalement, le ciné-club ma passion mais une passion comme les poupées russes, qui en renferme d’autres et on peut ouvrir les boîtes, indéfiniment, puis les remonter.

    L’autre c’est le club photo, je m’y suis inscrite tout de suite en arrivant à Brunoy, avais encore la pratique du labo photo, ce plaisir des cuvettes où on voit apparaître, mystérieusement, lignes, formes, tout ce qu’on ajoute mentalement à mesure qu’apparaît l’image … Je me souviens d’un rêve, où je voyais la photo de mon père se dessiner comme ça, dans l’eau … je ne pouvais pas me lasser de le voir, de retour après son absence … intensité du moment …

    Il y a les photos émotion, et il y avait les photos boulot, qui pouvaient aussi provoquer un plaisir, la preuve est là, tu vas pouvoir le dire … vu attesté … j’ai aimé aussi, ça faisait partie de moi.

    Stop ce matin, plutôt des billets courts, il y passe quelque chose et c’est comme un petit vide après, ne pas continuer dessus … bye, hasta luego

    Moscou 1967 : Alexandra Alexandrovna

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    Est-ce que je retrouverai sa photo, le buste, ce visage si doux aux yeux bleus, son sourire …

    Une rencontre peu ordinaire, avec mystère petit suspense, télégramme …
    Tout a commencé à Nice où je suivais ce cours de russe, ce cours extraordinaire (le mot n’est pas trop fort) où Mme Volochine avait eu le privilège de lancer une propédeutique de russe, en relation avec la Fac d’Aix. C’était fin 64, octobre, j’avais fait un premier séjour, deux semaines, à Moscou, en juillet-août et je ne rêvais que d’apprendre le russe … chance, cette création d’un cours sur place, destiné à des étudiants qui en avaient fait au lycée, je me retrouve avec quatre ou cinq jeunes, à 36 ans je me trouvais vieille ! et pleine d’enthousiasme, pas déçue oh non, ces cours riches, denses, précis, profonds … lecture, versions, pas d’exercices, pour ça j’achète Le russe vivant, 4 volumes et je fonce, le grand plaisir ce sont ces versions, tous les quinze jours, des heures et des heures, déchiffrer, vocabulaire, première traduction toute boîteuse, et re et encore, et relire essayer d’entrer dans le texte, traduire encore … puis relire le français seulement et le mettre d’aplomb, laisser reposer comme pour la cuisine et on recommence et les mots sont remplacés, ils se bousculent, un changement en appelle un autre, casse la phrase … on vit dedans plus rien d’autre n’importe … Certains textes je m’en souviens encore, на ярмарке, (na yarmarke) à la foire … de Bounine je crois et d’un autre où le Pope passait la nuit entière perché, accroché sur le toit de l’izba par sa matrone de femme en colère, l’intéressant dans cette histoire c’était l’expression от зари до зари (ot zari do zari) d’une aube à l’autre mais en russe il y a deux aubes, celle du soir et celle du matin et donc la punition ne durait qu’une demi-journée, ne le plaignons pas trop …
    Et au cours de ces cours il y avait des tournures de phrases, des expressions vivantes des exemples … dont un « et nous nous sommes abonnés aux pâtes » сидим на макаронах sidim na makaronakh … Cette histoire de macaroni, nourriture invariable, parlait d’une dame que notre prof avait rencontrée à Moscou, qui adorait rencontrer les délégations de français et parler, raconter, et ces rencontres l’occupaient tellement qu’elle n’avait vraiment pas le temps de faire la cuisine pour ses deux garçons et voilà le pourquoi de leurs repas macaronesques.

    Et en 67 Moscou de nouveau, cette fois quelques adresses en poche et l’espoir de connaître des russes autrement que dans les livres ou au cinéma … J’écris quelqes petites lettres un peu maladroites, me présentant, disant voilà je passe trois semaines ici, un stage de russe à tel institut … Et j’attends, les jours passent. Arrive le premier dimanche et arrive, pour moi, un télégramme, sans signature, deux mots жду Вас jdou vas « je vous attends », suivi du nom d’un arrêt d’autobus, métro Davydkovo, autobus … Mais qui ? un moment d’inquiétude … ce ton qui me paraît autoritaire, allez savoir. Bon, j’y vais, métro autobus, arrêt et là tout s’éclaire quand je vois une petite femme, fichu blanc cheveux aussi, souriante, impatiente, bien sûr c’est elle Alexandra Alexandrovna, elle qui faisait manger des pâtes à ses garçons !

    Et nous voilà parties, on va chez elle, chez eux, elle habite en banlieue avec le plus jeune de ses fils, Sacha, qui est marié, a un petit garçon. Ils ont un appartement de deux pièces et un living, ce n’est pas un logement communautaire comme il y en a encore beaucoup mais voilà le prix à payer c’était l’exil en banlieue, insupportable pour elle qui était habituée à sortir beaucoup en ville, c’était une offense, обида obida , adieu les théâtres, les librairies, les amis qu’on rencontre facilement …

    Les russes déjeunent sur le pouce mais dînent tôt, l’après-midi oui, et surtout si on a des amis on goûte, et c’est incroyable, les gâteaux, le thé qu’on sert et ressert et on parle tant, on ne peut jamais s’arrêter et la prochaine fois on rencontrera d’autres amis conviés pour voir des frantsouzy, pour raconter, offrir, se donner rendez-vous à tel musée ou cimetière (monuments).

    La suite au prochain numéro … bonsoir