je me souviens du Troisième homme

Publié le Mis à jour le

Paris 1984
cinémathèque fr.
« d’Orson Welles », de cette fameuse valse du café Mozart … des égouts de Vienne, du cinéma où je l’ai vu, carrefour de l’Odéon, longtemps cru que c’était un film d’Orson Welles tellement il était là, sa présence, ce regard … Sa prodigieuse présence, et je pense à ce fameux moment de radio, quelle année donc ? 1938 ?? la force de conviction, les Martiens ont débarqué ! non, l’expression ont débarqué est venue plus tard, pendant la guerre.
http://www.cerpi.be/UFOLOGIE/PERSONNALITES_UFO/Orson_Welles.htm

    Bon, rectifions le tir : film de Carol Reed, http://www.cannes-fest.com/1949.htm. Palme d’Or à Cannes 1964 – rétrospective.
    Le monde a bien changé en quinze ans !
    mercredi 23 mars, je glisse le DVD dans le tiroir mais je ne vais pas le regarder ce matin, ou juste un instant. Oui, je me souviens de la salle où j’ai vu le film, c’est à présent une salle UGC, comment s’appelait-elle alors ?? Je navigue dans ces couloirs, ces égouts de Vienne et la musique est là … je m’accorde un coup d’oeil, juste le générique. Et puis le film lancé, comment s’arrêter ?

      Tout ce que j’avais oublié pêle-mêle, le grand rôle de Joseph Cotten, le plaisir de le retrouver et de penser à tous ses rôles en particulier avec ou chez Orson Welles … toute la couleur « locale » temps et lieux, l’après guerre, les ruines encore (qui contrastent avec les beaux immeubles intacts, la politesse appuyée voire servile, les bouilles non les visages les gueules suspectes, bien servies, gueules de l’emploi … les langues qui se comprennent tout en disant ne pas, anglais allemand, pas un mot en russe on voit seulement un officier, assez typé lui aussi.

        Sur le DVD, minutage, Orson Welles n’apparaît qu’au bout d’une heure sur 1.44 et on ne le voit pas entièrement, jeu de lumières ombres, son sourire SON SOURIRE ! Il apparaît, disparaît, première poursuite … Un procédé qu’on retrouve dans pas mal de films de ces années-là, la répétition d’une scène au début et dans le courant du film, démystifiée. Et les personnages secondaires et le décor du générique, ce Big Ben marque de fabrique la lenteur des démarrages, comme ceux de la MGM le Lion, petite cérémonie de mise en train, une partie du plaisir déjà …

        La fascination d’Orson Welles ! A la fin du film il a quelque chose de Peter Lorre, il sue la peur … Les grandes scènes où il se joue quelque chose, la vie, sont situées dans des décors de câbles, d’escaliers, de manège, grande roue, propres à donner le vertige, les égouts, éventuel brouillage de pistes, meurtre, accident …

        Welles ? à l’époque je n’avais vu que Citizen Kane et n’y avais rien compris. Son nom était au sommet mais honnêtement la fascination, pour moi, elle est venue après, le Troisième Homme comme un très grand moment, étoffé vingt ans après, grands moments ciné-clubs, Marly. Quel sacré bonhomme, de film en film de légende en échecs, un géant La soif du mal … je n’en cite qu’un mais je vais avoir le tournis ce soir à penser à lui, à ce personnage de génie, d’autorité et de ratages … aspirant à l’absolu, tant à dire et tant de fois muet derrière son énorme cigare (tournant Don Quichotte).

        – En vérifiant l’orthographe du mot égout je suis tombée (TLF i) sur unr phrase des Misérables : 1. Il y a sous la rue Saint-Denis un vieil égout en pierre qui date de Louis XIII et qui va droit à l’égout collecteur dit grand égout, avec un seul coude, à droite, à la hauteur de l’ancienne Cour des Miracles, et un seul embranchement, l’égout Saint-Martin, dont les quatre bras se coupent en croix.
        HUGO, Les Misérables, t. 2, 1862, p. 532

        Hugo, Welles, belle rencontre …

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2 réflexions au sujet de « je me souviens du Troisième homme »

    Denis Montebello a dit:
    mars 24, 2011 à 1:44

    J’aime ce chemin comme il chemine. Comme dans un rêve. Comme il nous conduit à la rencontre. Il suffit d’un accent. D’une absence. L’accent circonflexe: « l’accent du souvenir ». La trace présente du passé. La preuve s’il en fallait que le passé ne passe pas.

      gildotchka a répondu:
      mars 24, 2011 à 4:20

      Denis, ce comm me touche, vraiment, c’est bien ce que je cherche ou souhaite, se parler à travers ces blogs, en parlant d’autre chose … et Victor Hugo en ce moment il m’importe, je vais lire (pas relire, non) Notre Dame de Paris … Les nouveaux chemins m’en ont donné envie l’autre jour, je l’ai commandé il devrait être là …
      Quand à l’accent, mais oui, j’ai écrit égoût comme si parlais de goût, puis choquée pensant qu’il s’agissait plutôt de gouttes … et je suis dans ces images de Vienne, avec des rouleaux d’eau … je n’ai jamais visité les égouts de Paris …
      Non, « le passé revient qui vous fait (?-ir) » une chanson de Bruant, chantée par Germaine Montero, c’est bien vieux aussi … mais c’est une chanson de Mc Orlan, Un rat est entré dans la chambre …
      A bientôt !

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