Traduire 2 (avec débat)

Publié le Mis à jour le

Salle pleine aux 3Luxembourg pour la projection du dimanche matin,
avec un débat, « en présence de la réalisatrice » et aujourd’hui le débatteur était Abdelwahab Meddeb.

Sensation de familiarité d’abord parce que j’écoute Abd. Meddeb
depuis des années … et puis voilà que le visage, la personne de Nurit Aviv, son sourire, sa manière … je l’ai toujours vue ! Je la vois pour la première fois ! des photos sur FB c’est vrai mais non, je la connais d’avant !

La salle est comble, à la queue on pouvait entendre parler hébreu (ou ivrit), il y avait un groupe, une association qui a décidé qu’on pouvait parfaitement s’initier à la fois à l’hébreu et à l’arabe, lanfues sémitiques voisines.- http://www.parlerenpaix.org/ .- Beaucoup de cheveux gris.

Le film ? Aussi beau que la première fois, la même sympathie plus
marquée pour certains des « personnages ». Ces travellings latéraux
pour arriver au lieu de vie de chacun, l’environnement, les toits, les
arbres, la silhouette debout dans la pénombre puis elle émerge tout
à fait et prend place dans un fauteuil, siège de travail …

Chacun a droit à cinq minutes à l’écran. Mais Nurit Aviv nous révèle qq secrets de fabrication : avec chacun d’eux elle a travaillé un an
pour couper, garder ce qui importait …

Mes favoris ? Yitskhok, bien sûr, notre Niborski (Malakoff) et la chère Anna-Lisa (Milan), le catalan (Barcelone) et l’espagnol de Boston, l’allemande qui m’a étonnée par son parcours, sa venue dans ce monde de la traduction, son amour de la rue, des jeunes, et tous ont plus ou moins parlé de l’argot, de la langue en train de se faire, le Palestinien d’Akka … Mais aussi le tout premier, à Brest, passionnant astucieux curieux. Des favoris ? non, tous!

Ah l’amour des langues ! le plaisir de traverser, d’entendre à demi-mot, et cette difficulté en revanche à pouvoir s’exprimer … que ce soit à l’oral – la peur du téléphone, ça semble impossible à présent, chacun avec son ou ses portables …

Une spectatrice a raconté des gamins à problèmes, qui n’arrivent pas à parler … de parents au désespoir ou, aussi, un peu trop normatifs …
la facilité, l’habitude de passer d’une langue à l’autre : à Tunis où cohabitaient l’arabe, le français, le sicilien.

Répondant à une question, Abdelwahab Meddeb a parlé de la libération de la parole pendant la Révolution tunisienne, commencée comme une intifadha le 17 décembre, puis devenue une Révolution le 14 janvier (départ de Ben Ali). Les langues parlées se sont affranchies du carcan de la langue grammaticale et les discussions faites dans quatre langues, arabe dialectal et arabe des médias, français, anglais …

Evocation d’Edouard Glissant, lecture d’un écrit d’un juif de Cordoue ou de Grenade, sur la proximité des langues vivant dans le même espace, Andalusia mais aussi les fossés … Des noms, de grands noms, Ibn Gabirol, pardon, c’est lui qui me viens sous les doigts … Et la poésie « à tous les étages », un bain de bonheur ce film ! oui, et de ferveur surtout !

Puisque je n’ai pas vu les deux premiers de la trilogie, le coffret DVD http://www.editionsmontparnasse.fr/product?product_id=1358, faudra attendre deux mois, j’aurais voulu l’avoir tout de suite.

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