Andrée …

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Ma très chère Andrée, rencontrée Gare de Lyon (j’ai l’impression de chanter « Tu ne m’as pas dit … Toi l’Espagnol de la rue de Madrid, Rencontré l’autre soir Une fleur sur les lèvres … Tu ne m’as pas dit Que les guitares de l’exil Sonnaient parfois comme un clairon … » Yves Montand …)
Non, Andrée, ce n’est pas de ces chansons pas de ces paroles « pas de ce bord-là » ? et pourtant, humaniste, chrétienne au grand coeur, à la foi « rationelle » disait-elle « je suis rationaliste », et elle étudiait, elle l’a fait jusqu’à son dernier souffle, étudier et prier, pas incompatible ! Etudier la Bible Premier et Nouveau Testaments, suivre des retraites actives à la montagne, et une grande skieuse, alpiniste, sportive, la joie de vivre autour d’elle, elle savait voir la beauté, la restituer par son regard et cet amour de la vie …
On reprend au début, à ce quai avant le départ pour Florence, septembre 1993, un petit groupe autour de Maurizio, je l’italianise pour la circonstance, Maurice bon giorNO, si fort accentué sur NO ne faisant pas celui qui parle bien mais … non, non, ce n’est pas de Maurice qu’on parle ce matin ! Andrée, à cette date 83 ans (tiens mon âge bientôt) vive, de tout, des yeux des jambes, extraordinaire ! une petite bonne femme mais une énergie une volonté ! pour vivre presque un siècle, il s’en est fallu de quatre mois. Dures les dernières années et pourtant … dans cette maison de retraite sans cultes ni repos, elle a réussi d’abord à demander et à pouvoir recevoir la Communion (elle y tenait, absolument) puis à constituer un petit groupe qui pouvait se réunir un moment et quitter un peu ces lieux où régnait la discipline imposée aux vieux … elle ne s’en plaignait pas mais décrivait … Dur pour la personne qui a gardé toute sa tête d’être soumise à … on ne va pas détailler.
Avant … avant cette retraite forcée, et donc jusqu’à sa 98e année, elle organisait chaque année des Carrefours de Carême, souvent en butte aux (avec ? comment dit-on ?) autorités en place, elle savait de quoi elle parlait, elle avait son cercle de fidèles (amis) qui venaient chez elle, au troisième étage (escalier étroit où avait été installé tardivement un ascenseur, des années de travaux).
Sur ce quai donc, nous sommes les premières arrivées, j’étais déjà là, craignant toujours les retards de mon fichu train de banlieue source de déboires … Et je vois arriver cette petite bonne femme traînant sa valise, pas de doute, elle vient pour Maurice, question, oui, en un instant un regard nous sommes amies, une sorte de reconnaissance … Après, avril 95 nous avons partagé un minuscule logement en Provence, encore des escaliers des portes à enjamber, pittoresque et joli, fraternel … c’était au Castellet, pas très loin de Ganagobie, dans la journée promenades, Anne-Laure nous emmenant partout dans sa vieille 4L, le soir on lisait, Andrée avait à lire la Bible, elle était « laïque consacrée », et vivait en laïque une vie de religieuse … pour une photo, par ressemblance je proposerais Soeur Emmanuelle la soeur du Caire …
Nous étions très proches, de coeur, par téléphone, il fallait plutôt attendre ses appels pour ne pas tomber en pleine séance de soins … au bout du fil une Sage mais une Sage qui avait gardé ses émotions sa rage d’une jeune fille, rage et indignation devant des choses qui ne lui plaisaient pas, couleuvres dures à avaler, personnages qu’elle aimait et qui le lui rendaient bien …
Je ne vais pas la gâcher à trop en dire, c’est l’émotion qui importe, je pense à elle, je l’aime toujours, merci de l’avoir rencontrée …

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