boris petrovitch

Publié le Mis à jour le

la collection aurait dû compter 15 de ces poupées, une par république
les poupées en habits traditionnels des républiques de l'URSS

Quelle belle figure, je n’ai pas pensé à lui tout de suite en évoquant mes années russes, oui c’était Leningrad, et j’ai surtout été à Moscou, plusieurs étés avec deux séjours à Piter, un d’une semaine, voyage de Moscou à Piter par La flèche d’or je ne sais plus son nom en russe, zolotaya strelka ?

Boris Petrovitch je l’ai connu par correspondance, par excès de correspondants … mon amie Lenotchka qui avait eu la bourse d’un an, elle, une vraie douée et une bûcheuse de première, s’est trouvée avoir trop de monde à qui écrire et a redistribué son monde, à moi le toubib Boris Petrovitch, féru d’histoire, amoureux de la France – comme beaucoup …

Boris Petrovitch sa belle écriture, grande, régulière, il parlait beaucoup de sa femme, qu’il disait belle et jeune, elle avait dix ans de moins que lui et à peu pès mon âge) … il faudrait que je cherche ses lettres, que je trie les lettres russes.

Et donc quand j’arrive à Leningrad je dois le rencontrer et il va me consacrer une journée entière à me faire visiter … et à parler, raconter, l’absurdité qui a consisté par exemple à vouloir russifier tout, les découvertes les symptomes … effacer gommer ce qui n’était pas russe et peu lui importait à lui, aux scientifiques, les politiques s’en mêlaient, édictaient et dictaient …

Ils habitaient un petit appartement de deux pièces et sa femme, médecin aussi, trouvait qu’il n’y avait plus de place avec tous ces livres qu’il achetait, collectionnait … des livres français qu’elle ne lisait pas, ses timbres …

1970 cette semaine à Piter, retour à Moscou puis à Nice puis Paris … le Muséum je change de vie …

1971 Boris Petrovitch est tué dans un accident de voiture

1972 je retourne à Moscou et à Leningrad, et Vera Ivanna (Ivanovna) veuve désormais vient me voir et me donne des livres et des livres que j’envoie par la poste … Nous avons correspondu longtemps puis elle a disparu, j’ai essayé de la joindre, plus rien, elle était malade. Elle était charmante, si triste dans ses lettres, allait voir sa mère dans l’Oural …

Boris Petrovitch était non seulement amoureux de la France mais enthousiaste de Napoléon, et donc médailles, timbres bien sûr mais ils sont rares, les timbres napoléonophiles. Pour lui j’ai découvert les boutiques de la rue de Richelieu où j’ai prospecté, lui qui n’a donc jamais pu venir à Paris

Je l’entends évoquer les années 40 … я воевал je faisais la guerre, « je guerroyais » … disait-il … Grand patriote, fier, droit, un tel besoin d’ouverture, et les cadeaux les échanges donc : j’ai sept poupées toutes belles, représentant sept des quinze républiques de l’URSS. Il n’a pas eu le temps de m’envoyer les autres, elles sont là, sur une étagère, depuis quarante ans déjà …

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